mercredi 16 janvier 2013

Coup de coeur musical #3 : Lana Del Rey



  Au tout début, quand Lana Del Rey est apparue, confuse j'étais. Ok, la voix est belle mais la meuf est un peu chelou, pensais-je. Tous les médias la comparaient à Nancy Sinatra, je ne voyais pas le rapport et ne pigeais pas cet engouement soudain (on appelle ça un buzz!). On a craqué et on a commencé à l'écouter avec les copines. Video games et Born to die en boucle ont convaincus les dindes que nous sommes, des grandes romantiques, des filles niaises quoi. Puis j'ai (re)découvert Blue jeans (ok le live au grand journal ne compte pas, c'était raté!) et c'en était fini. Conquise et surconquise par cet hymne à l'amour pour son bad boy à la James Dean, je me la suis écoutée en boucle, je la connais sur le bout des doigts et maîtrise le moindre petit "yeah" à la perfection. De tubes en tubes, j'ai pourtant fini par me lasser. Fatale erreur. 

 Cet été, sur la route direction l'Espagne, je suis tombée en pâmoison pour Off the Races, Million Dollar Man, Dark Paradise et Without you qui ont rythmé mon sommeil, les chaudes après-midi de sieste et les rêveries au bord de la piscine. Les textes m'ont pris aux tripes, plongés dans une mélancolie sans fond, donnés des envie de déserts américains, d'échappées belles et de déclarations d'amour aussi cinématographiques. Ses looks rétro m'ont inspirés des coiffures improbables, un nombre incroyable d'idées vestimentaires non assumées à ce jour et des envies de tattoo sur les mains (aïe!)... Fan, je suis fan! (Je tiens également à vous préciser qu'en rédigeant ce post, je suis entrain d'écouter l'album (à l'exception de Love me Forever  de Motörhead, leur seule et unique ballade! Si! j'vous jure!) et je suis toute chose! Damn it! Ça marche encore!)

 Pour la petite histoire, pendant ma Blue jeans obsession, Thony ne faisait que me répéter que c'était tout pourri et que " vas-y c'est quoi cette zik des années 90? ", et le voilà qui, un soir, me sort qu'il est tombé rah love (= fin amoureux) de Lana. Je le regarde, il me regarde, je le regarde, je lui demande s'il se fout de ma gueule et lui rappelle, moqueuse, ses propos des semaines précédentes. Il admet son erreur et me vante les mérites de sa Lana : Elle est magnifique, l'album est fou, elle est parfaite, c'est sa nouvelle amoureuse et patati patata, "nan mais t'imagines, tout l'album c'est son amour pour un mec. Comme il doit s'en bouffer les doigts de l'avoir quittée maintenant!" . Mollo fillo! (cf Les visiteurs, dédicasse à ma Léa, peut se traduire par " tout doux ! " )

  A ce moment précis, Lana Del Rey a commencé à me gonfler grave! (Jalouse? Qui a dit jalouse?)
 Je n'en pouvais plus, mais alors plus du tout de ses petites moues boudeuses, de ses grands airs, de ses cheveux de sirène (putain nous les meufs on est sacrément graves!), de son nez et ses lèvres refaites (Selon Thony, elle a déclaré n'avoir jamais eu recours à la chirurgie!), bon faut quand même admettre que je ne pouvais pas m'empêcher de l'écouter. Intérieurement, j'ai fini par dresser ma liste de pour et contre Lana. Ca donne :

Pour :

- Sa voix est parfaite, sensuelle, suave, douce, erraillée.
- Ses clips sont monumentaux, surtout Ride! On a envie de vivre dedans!
- Dans ses clips, elle est over bien sapée.
- Elle aime les vieux (Steven Tyler, Alex Rose entre autres)
- Elle aime les mauvais garçons (Marylin Manson, les bikers et les tatoués de ses clips!)
- Ses chansons me rendent nostalgique et rêveuse.
- Elle me donne presque envie d'être américaine.
- Elle est rétro à souhait.
- Elle a bercé mes vacances en Espagne.
- Mon top titres deezer est full of Lana (à l'exception d'une ballade de Motörhead (yep je radote), love me forever!)

Contre :

- Mon mec l'aime un peu trop.
- Elle a refait son nez et peut être ses lèvres.
- La campagne H&M dont elle est l'égérie est à chier. (ok c'est pas de sa faute!)
- Sa petite moue est insaquable!

Mon Lana's top seven :

- Blue Jeans
- Off the Races
- Carmen
- Million Dollar Man
- Summertime Sadness
- Without you
- Ride


 Mmmm, ok, Lana, tu as gagné! Je t'aime!

jeudi 10 janvier 2013

Les 10,3 % de chômeurs et moi


Oui, le taux de chômage a augmenté. Si c'est pas triste ça! D'ailleurs, le chômage ne s'attaque pas qu'aux boulots précaires ou aux ouvriers, oui, même les cadres peuvent être touchés. Le chômage ne fait pas de différences, il aime tout le monde! Ouvriers, bobos, caissières ou autres directeur de créa... Il y a quelques temps, ma copine Jones (Brigitte, Bridget, Bridget Jones voire Johny) me parlait d'une nouvelle catégorie de chômeurs : les bomeurs! Qu'est ce donc? Les bomeurs sont des bobos au chômage, des chômeurs branchouille, des bomeurs! Leur papa s'appelle Nathanaël, bomeur en chef, qui peint avec humour et ironie ce nouveau sociostyle sur sont tumblr ! Rafraîchissant!

Parce que clairement, personne n'avait vraiment pensé jusqu'alors que c'était quand même bien la merde de glander toute la journée chez soi. Non ce n'est pas cool, non ça ne ressemble pas aux grandes vacances de quand on allait encore à l'école. Je veux dire, à la téloche par exemple, personne n'a pensé à nous, personne ne s'est dit que les chômeurs aimeraient bien regarder autre chose que face au doute, 4 mariages pour une lune de miel ou encore les feuilletons bien minables de la 6. Je sais pas, passer des bons films ou des bons reportages c'est infaisable? ...... Ben c'est dommage sachant que ça toucherait quand même 3,6 millions de personnes. Ok, c'est toujours moins que l'audimat de Plus belle la vie...

J'ai donc bien vite renoncé à allumer la téloche. Avant je me regardais Les crimes de la jet-set sur Paris Première tous les après-midi et tous les jours, à 15h30, je sombrais dans le coma. Maintenant, je rattrape tout mon retard de séries (retard accumulé depuis la fin de megaupload). Après Gossip Girl, Game of Thrones et mon revival One treee hill, je me refais Mad Men. A l'époque où tout le monde kiffait, moi je m'endormais devant les épisodes que je trouvais trop longs et trop soporifiques après une dure journée de boulot. Comme c'en est fini des dures journées de boulot, je suis beaucoup moins crevée (tout est relatif..) et je peux apprécier Don Draper à sa juste valeur. Il est quand même très chic! Par contre Betty Draper est vraiment casse-c...lles !

Il y a quelques temps, je me demandais à quoi ressemblerait mon quotidien. Est ce que j'allais ruminer en pyj' toute la journée? Faire des petits plats à mon homme? Humm, à vrai dire, je fais très peu d'efforts vestimentaires et il m'arrive fréquemment d'aller à la boulang' sans enlever mon haut de pyjama, on s'en fout je mets un manteau et hop! Et en effet, je prépare à manger à mon homme qui n'a pas beaucoup de temps entre midi et deux. Je fais aussi la vaisselle, le ménage, une parfaite desperate housewife quoi (sans le tablier hein!) ! En même temps ça m'occupe.

Vous me direz que j'ai qu'à trouver quoi foutre. Oui, j'ai bien un appareil photo, oui je suis bien photographe, oui j'ai qu'à aller me balader et faire des photos. Oui mais je suis seule, oui mais qui/quoi photographier? La vérité c'est que je n'ai plus aucune inspiration mais alors plus du tout. Je sais, je devrais me bouger le cul. Je sais. Ça viendra. Quand ça me manquera trop.

Pire, quand on me demande ce que je fais en ce moment, comme ce fut le cas pendant une soirée avec des amis de la famille, je dis seulement que je suis au chômage. Pire, quand j'ai demandé en retour à mes amis d'enfance " et toi tu fais quoi ?", j'ai constaté qu'eux, ils n'étaient pas au chômage du tout. Aux " je suis ingénieur", "je suis en dernière année pour être sage-femme", "je suis en école d'inf" et "je suis diététicienne et j'ai un bébé de 1 ans", je me suis juste sentie seule. Aux " oups pardon", "ah bon tu fais plus de photos?' et "oh ma pauvre", j'ai rebu une gorgée de mojito.

samedi 5 janvier 2013

Héroïne #1 : Elizabeth de Wittelsbach
















 Non, pas d'article sur les fêtes en perspective. Comme tout le monde, j'ai trop mangé, trop bu et j'ai été très gâtée. Mais pour moi, les vacances de Noël ne seraient pas les vacances de Noël sans les rediffusions tant attendues de Sissi, Sissi impératrice et Sissi face à son destin d'Ernst Marischka avec la toute jeune et délicieuse Romy Schneider dans le rôle titre.

 Je sais que pour la plupart, ces films sont niais et longs à mourir, que Franzi est d'un ennui contagieux et qu'ils ont mal vieilli. Mais figurez vous que moi, j'ai toujours adoré Sissi. Certes dans le film, c'est ses coiffures improbables et ses robes en mousseline qui me font rêver mais dans la bibliothèque familiale se cache un ouvrage sur Sissi qui m'a toujours fasciné, Sur les pas de Sissi. A base de photos, de peintures et de témoignages, Jean des Cars nous embarque dans la vienne de la fin du XIXème siècle. A chaque fois que se terminait le film, je fonçais chercher le livre de ma mère et parcourais avec délice les portraits de l'impératrice. Cette année n'a pas échappé à la tradition. 

 J'ai gardé pleins de souvenirs de ce livre et j'ai, pour une fois, pris la peine de le lire en entier sans me contenter des images. Satisfaite de ma lecture, j'ai continué ma chasse aux infos avec Elisabeth d'Autriche ou la fatalité de Jean des Cars qui a également écrit un ouvrage sur le cousin de Sissi, le fameux Louis II de Bavière. Certes plus basé sur les faits historiques, cette biographie m'en a beaucoup plus appris sur la souveraine autrichienne qu'aucuns des trois films de Marischka qui prend des libertés considérables sur la vie de Sissi. Ainsi, j'ai presque soupiré de soulagement en apprenant que Sissi n'eut jamais d'aventure avec le comte Andrassy et que ce dernier n'avait aucun sentiment amoureux pour sa reine, ce que laissait croire Marischka! Et à vrai dire, Elisabeth de Wittelsbach n'a presque rien en commun avec la Sissi édulcorée et naïve du film. 

 Très intelligente (elle parlait notamment croate et hongrois!) et consciente de son charme, elle a contribué à assagir bon nombre de conflits entre l'empire autrichien et ses ennemis. Elle a tant oeuvré pour la cause hongroise qu'elle est encore aujourd'hui une icône indétrônable à Budapest, la célèbre Erzébet. En effet, Elisabeth d'Autriche possède une beauté hors du commun, son seul défaut (dont elle aura toujours honte) est sa mauvaise dentition. Le monde entier n'aura de cesse de venir l'admirer, monarques européens et Shah de Perse! Lorsque son fils se marie, elle éclipse la beauté de la mariée et peu toujours prétendre au titre de jeune première. 

 Si a cinquante ans, elle en paraît 35, elle doit sa taille fine (50 centimètres) à une hygiène de vie drastique. L'impératrice s'alimente très peu, elle sera taxée d'anorexique : de viande crue au sang de boeuf, elle passe à huit oranges par jour, quelques tasses de lait et de  bière allemande qu'elle réussit à imposer à table! Après s'être fait quelques frayeurs équestre, Sissi se met à la marche. Personne ne pourra plus la suivre à pieds. Ultime révolution pour la cour, elle se fait installer une salle de sport et une baignoire! Sa seule ennemie restera Vienne, qu'elle assimile à sa belle mère autoritaire, l'archiduchesse Sophie ainsi qu'au protocole qui l'étouffe et l'empêche de vivre sa vie pleinement.

 Finalement, la vie de Sissi n'aura été que contrariétés, espionnage quotidien, poèmes romantiques, dépression et souffrances permanentes. Il faut dire que celle qui est née avec une dent, (comme Napoléon) et à qui l'on prédisait un destin hors du commun, avait en fait hérité de la folie neurasténique des Wittelsbach, ce qui la liera fortement avec son cousin Louis II de Bavière ; mécène de Wagner, enfant terrible de la bavière qui ruinera son propre royaume et finira par se jeter dans un lac. Il sera l'aigle et elle la mouette.

 Elle ne sera jamais vraiment libre et devra sa seule raison de vivre à ses chevaux (elle est une cavalière émérite!), son chien Shadow, sa dernière fille Marie-Valérie (on lui a retiré l'éducation des trois premiers) et ses voyages aux confins du royaume censés soigner sa tuberculose : Madère, Corfou, l'Irlande et l'Angleterre, la France, Alger et surtout la Hongrie. Elle y séjournera très souvent au grand dam des viennois! Elle verra mourir prématurément beaucoup de ses proches : sa fille aînée Sophie (à deux ans..), son fils Rodolphe (à Mayerling, l'une des grandes énigmes de l'histoire), son beau frère, son ami Andrassy, son cousin Louis II, ses deux parents et deux de ses soeurs, dont l'une brûlée vive. 

  Son mari lui accorde peu de temps tant les affaires de l'empire l'accaparent (Bismarck, le tsar de Russie et Clémenceau rôderont pas loin) mais bien souvent, François-Joseph souffre de ses très longues absences, lui qui aimait sa femme sincèrement. A sa mort, il déclarera "personne ne saura jamais combien je l'ai aimé"

 Sissi a 61 ans quand elle est assassinée en 1898 par Luigi Lucheni à Genève. Se déclarant anarchiste, il avoue avoir voulu tuer quelqu'un d'important, quelqu'un de riche. Il ne saura jamais qu'ironiquement, il aura tué une souveraine plus anarchiste que lui et qui haïssait la couronne bien plus encore.

jeudi 20 décembre 2012

Coup de coeur musical #2 : Of June, Rêve érotique





 Ouuuui, allez y, dites le que c'est facile quand son mec est le bassiste du groupe! Vous pourriez mais ce serait très con. Si Thony jouait du jazz, croyez moi, ce ne serait vraiment pas un coup de coeur et je ne prendrais pas le risque de me ridiculiser. Ben oui, en musique, je sais ce que j'aime (Motörhead, Vivian Girls, Lana Del Rey?) et ce que je n'aime pas (Florent Pagny, Booba?), mais je ne possède pas le jargon adéquat. En tout cas, j'aime Of June!
 Of June, c'est un groupe tout frais, tout neuf! Et après des mois de répètes, de pré-prod et de mix', voilà enfin le fruit de leur labeur, Rêve érotique, un E.p de cinq titres porté par l'imposante voix de Lucas qui n'est pas sans rappeler sur certains titres, celle de Chino Moreno (Deftones). Cinq titres donc, qui vous prennent et vous embarquent avec force.
 C'est brut, c'est sauvage, c'est puissant! Missing Shot donne le ton sans faire de cérémonie, on entre cash dans le vif du sujet. C'est saccadé, c'est intense. On monte en puissance avec Rêve Érotique que je trouve électrique. Strong wave certes, mais avec Miami Police c'en devient envoûtant. Sur ce titre, les synthés sont juste parfaits : un peu de douceur est parfois la bienvenue. Douceur qui côtoie pourtant parfaitement ce côté heavy de la partie instrumentale. A l'image de Change (Deftones), (Last trip before) Midnight est un de ces morceaux d'une douce force, d'une force douce où les voix sont aériennes, légères, claires. On est bercés, portés, hypnotisés.
 Street of Rage comble toutes mes espérances. C'est le morceaux qui vous donne envie de prendre la route avec vos copines dans une vieille Ford Mustang, le tube qu'on a envie d'entendre en concert, le titre idéal pour se lâcher et justement, en concert, c'est ultime! Lucas ne tient pas en place, saute d'un endroit à un autre, nous fait des petits jeux de jambes à la Elvis, se recoiffe et se donne, habité, survolté. Et si c'est celui qui finit le plus en sueur, les autres ne sont pas en reste, Mathias tape avec force et frénésie sur sa batterie tandis que Thony et sa basse sont tout en puissance.
Puissance, c'est justement ce qui caractérise cet E.p. On évolue avec cet équilibre parfait qui oscille entre violence et modération. C'est prenant, c'est entêtant, c'est érotique!

Pour l'écoute, direction Soundcloud ou Bandcamp ;)

Lucas - Lead vocals, keyboards
Anthony <3 <3 <3 - Bass, backing vocals
Mathias - Drums, backing vocals
Recorded at Kaktus studio & "at home" by Victor Malé.
Mixed by Victor Malé.
Mastered by Thomas Fournier.
Artwork by Aurelien Meimaris & Amélie Magnin-Feysot.