dimanche 5 mai 2013

Cette semaine j'ai...#11

Aimé :



- Les campagnes publicitaires spring-summer 2013 dont beaucoup en noir et blanc. Disette oblige, le monde de la mode fait profil bas. On nous vend de la normalité en voulez vous en voilà dans des intérieurs ou des extérieurs lambdas voire flous ou inexistants où les mannequins semblent s'atteler à des activités du quotidien. On y croit qu'à moitié mais au moins, les images sont sublimes, elles tendent vers le portrait photographique au lieu de se la péter sur une plage à Bali. Chez Balmain, Saint Laurent, Isabel Marant ou dernièrement Chanel pour la collection printemps-été 2013, Boy (Alice Dellal en Coco Chanel  à cheval avec un joli noeud papillon, le fameux sac Boy, et Jake Davies en Boy Capel, le grand amour de Chanel), on revient à une simplicité appréciable où les vêtements ne font pas costumes importables ou show off pour peoples aux sorties de défilés. Bon, par contre, chez Diesel, pour leur spot publicitaire de Fuel For Life Spirit, ils ont poussé le bouchon un peu loin. Comme si une serveuse avait des chances de voire débouler l'homme visiblement parfait ou du moins au charme certain qui l'invite à danser sur le comptoir avant de quitter son job et de l'accompagner en road trip...



Regardé : 


- L'épisode 5 de la saison trois de Game of Thrones (comme c'est original n'est ce pas!). Toutes les fans de la série devaient trépigner de joie :  John Snow est enfin passé à l'action avec sa belle Ygrid et il a, à forciori, comblé toutes ses espérances! Avec l'accent anglais des acteurs, la scène où elle lui susurre pudiquement des mots doux (ok, elle lui explique juste qu'elle ne veut jamais quitter cette grotte) est à vous fendre le coeur en deux. Plus sérieusement, maintenant que Jaime Lannister a perdu sa main et qu'il semble ouvrir ses petits yeux sur le monde qui l'entoure, il devient bien plus sympathique, du moins humain. Sa soeur, l'abjecte Cercei va de mal en pis et figurez vous que ça me divertit au plus haut point. Chaque semaine, et au fur et à mesure des bouquins, je me dis que George R.R Martin est un sacré génie puis je me demande comment il a pu pondre une telle oeuvre...



Écouté :

- Pleins de trucs dont les Cannibal Mosquitos qui ont joué vendredi aux Passagers du Zinc. Sacrés phénomènes. Reprendre du Joe Dassin version Surf, c'est possible et c'est très très drôle!

- Du Benjamin Biolay bien sûr (ne riez pas tout de suite). Il passait hier soir à la Rodia et c'était tellement fou qu'il a bien mérité son article dans la semaine!

- The Dragster Wave, Ghinzu = Claque



Détesté :

- Les nazis qui ont défilé avec leur représentante abominable le 1er mai. Si vous avez regardé le petit journal, j'imagine que vous aussi, vous avez eu envie de vomir et de fracasser votre télé devant tant d'horreur et de connerie proférée par des personnes qui mériteraient un lavement de cerveau.



Sur ce, filez devant Enquête Exclusive en Corée du Nord si vous avez envie de casser votre téléviseur.


P.s Filez plutôt chez La Crèmerie pour faire le plein!

P.p.s Filez aussi un coup de main aux THIS YEAR'S GIRL, il ne reste plus que vingt jours!

jeudi 2 mai 2013

Martine en Haute Saône - Épisode 2

  Avec ce temps merveilleux, vide grenier merveilleux et bientôt institutionnel du 1er mai à Vantoux City (presque comme Gotham City, si, si. Manque que Batman). 7h30 tapantes, j'étais parée! Trois pulls, une veste, des bottes en caoutchouc. Après quelques cafés, la motivation était au rendez vous, ça installait du stand tout z'azimut et les hirondelles (il y en avait au moins une dizaine qui volaient en rase motte) s'attelaient à la réparation de leur nids en vue de reproduction imminente (pourvu que les futurs moineaux ne s'écrasent pas sous mes yeux...). J'allais enfin pouvoir me débarrasser de tout un tas de bidules encombrants dont deux petites télévisions. Ça, c'est pour la théorie. En pratique, j'ai vendu avant dix heures, neuf paires de chaussures à un p'tit papy (visiblement très habitué à acheter et revendre des machins) pour rien du tout alors qu'elles valaient plutôt pas mal de ronds mais en prime, je n'ai rien vendu d'autre de la journée. Pourtant, dans l'après midi, lasse des aléas du temps (soleil tapant-vent glacial-flotte-soleil-pluie-soleil) j'ai décidé d'alpaguer le passant en lui signifiant que tout était gratuit (vraiment!). Le passant s'en foutait, il n'avait pas besoin de mes télévisions, même pour jouer au bowling avec.

  Au chapitre rigolade, j'ai été très très servie (un peu grâce à la buvette et à ma Mutti qui arrosait son anniversaire...)! Sauf quand certains habitants du coin que je n'avais pas recroisés depuis environ huit ans et qui passaient par là ne trouvaient rien d'autre à me demander que "tu fais quoi maintenant?". A ma réponse qui n'invitait pas de renchérissement, c'est à dire, "je suis au chômage", j'ai du supporter moultes regards de pitié (bon ok, il y en a qui ont été vraiment gentils) et pire (il a fallu que j'explique en long, en large et en travers pourquoi j'habitais chez mes parents)... Fatalement, puisque le chômeur est toujours obligé de se justifier et prouver par A plus B, que non, il n'est pas un glandeur qui se laisse vivre, j'ai pris poliment sur moi (je ne pouvais pas spécialement insulter des gens qui se montraient aimables) et développé, avec l'ancienne bibliothécaire, sur les projets en chantier que j'ai. Qui, elle, comme quelques autres, ont embrayé sur notre époque formidable où le chômage fait un gros buzz et s'invite dans beaucoup de maisons et dans toutes les discussions. Tout compte fait, je préférais presque quand l'ancienne chauffeuse de bus scolaire, la très chic Madame Compagnon, m'a prise pour ma soeur. Elle à mon paternel : "C'est la dernière?". Moi, tout sourire à elle, sur le cul : "Non, c'est la première!". Note, je ne sais pas bien à quel âge m'a croissance a décidé de se faire la malle (environ vers 13 ans) mais ma petite soeur plus grande que moi passe désormais pour la grande soeur que je n'ai pas. Que dois je comprendre? 

 En fin de journée, j'ai fini par offrir des colliers à une petite fille visiblement ravie, puis presque forcé une famille à embarquer un range CD haut comme moi (au final ils étaient contents, a priori c'est pour "la mamie") et là je suis immanquablement repartie avec plusieurs trucs. Dont des bouquins d'histoire, un collier acheté à ma voisine d'en face, la dénommée Odette (à qui j'ai quand même déjà acheté un foulard Balmain (avant, sûrement dans les années 70, pour l'achat d'un parfum, il y avait un petit carré de la même marque qui allait avec) pour la modique somme de cinquante centimes) qui m'a fait décéder de rire, elle et d'autres voisines (Mado und Tata Claude) dont mon ancienne instit' de maternelle mythique aka La Nicole, tout l'après midi, inséparable de sa copine Odette. Avec la fameuse Odette, on a, entre les discussions métaphysiques, empiriques, politiques et chiffons, lancé un petit concours de celle qui récolterait le plus de becots d'un petit gamin de deux ans et demi. On a oublié de faire le calcul, je ne sais donc pas, présentement, laquelle a gagné. Mais rien que pour mes voisins et  ma masterpiece des masterpiece des jouets sur laquelle je suis tombée, totalement par hasard et qui n'a pas fini de gazer mes potesses, cette journée valait son pesant d'or (même si je n'ai pas, visiblement, fait fortune), je parle de ma toute nouvelle tirelire Pikachu qui, en plus d'être une tirelire, possède un bouton ô combien parfait puisqu'il donne la parole à ce bon vieux pokémon qui peut donc répéter en boucle son prénom. Pour partager ma joyeuse hystérie, je n'ai eu d'autre choix que d'appeler Jones. Je ne dis rien mais je pense qu'elle m'a fait, à distance, ses yeux d'exaspérée.

Vivement la fête des voisins tiens!


mardi 30 avril 2013

Héroïne #3 : Annie Leibovitz

Beaucoup de photographes reconnus m'ont amenée à aimer d'amour la photo et finir par décider d'en faire mon métier. Des images de Man Ray, Peter Lindberg, Irving Penn, Sally Mann, Nan Goldin, Capa, Cartier-bresson, Depardon, Lee Miller et j'en passe ont été comme des révélations. Annie Leibovitz a toujours eu une place particulière dans mon coeur. Une femme hors du commun.




  Que vous la connaissiez ou pas, vous êtes forcément tombés sur ses photographies. La dernière photo de Lennon vivant, c'est elle. La lubie des femmes célèbres qui posent enceintes et nues en couverture de magazines, c'est elle (Demi Moore nue en couv' de Vanity Fair a initié le mouvement en 1991 ). Les Blues Brothers le visage peint en bleu c'est elle (Rolling Stone magazine), l'immense campagne publicitaire Got Milk, c'est elle. La liste est longue en tout cas puisqu'elle a commencé chez Rolling Stone et qu'elles a suivi les Stones en tournée dans ses jeunes années, elle bosse maintenant pour Vanity Fair, Louis Vuitton et Vogue U.S.A notamment. Pour la comparaison, il est dit que pour "être reconnu" (musique et cinéma en tête) en France il faut avoir posé pour le studio Harcourt, à l'international, ce serait pour madame Leibovitz. Tout ce qui se fait de plus glamour, elle est passée par là. Cela dit, célèbre pour célèbre, là n'est pas l'essentiel. 

  L'essentiel, c'est ses idées, sa démarche, la réflexion ou les questionnements que cela entraîne. Exemple : Meryl Streep pour Rolling Stone, à la vieillesse radieuse, qui pose avec un masque de beauté en se pinçant les joues. Derrière? Critique de la chirurgie esthétique et ses dommages irréparables. Qu'on apprécie les images d'Annie Leibovitz ou non (accessoirement elle a eu de gros problèmes financiers et bien failli perdre ses droits d'auteur. Je ne sais pas comment ça s'est soldé. Il faut dire que la légende veut qu'elle aie offert des Minox très coûteux à ses fans les plus chers en plus des 5D à ses assistants... Dans cet article de l'Express en 2010, ils l'ont démolie), il y a un travail de malade en amont et la mise en scène elle même est à saluer. Par exemple, sur ses séries sur les contes de fées revisités avec des V.I.P dans les rôles titres (pour Vogue U.S) ou les images du film Marie-Antoinette de Sofia Coppola (toujours pour Vogue U.S). Même son portrait de la reine d'Angleterre, Elisabeth II est propice au questionnement. Que doit se dire chaque matin une femme âgée qui est reine d'un pays dans le monde actuel? Leibovitz vous donne une idée de réponse. The Queen regarde par sa fenêtre, dans sa tenue de gala, il fait gris, la pièce est sombre et a part la fenêtre, il n'y a que la reine qui prend la lumière. Lassitude? Fatigue? Poids du devoir et de sa couronne? Allez savoir...

  Les images qu'elle a produit dans sa sphère familiale sont pour moi, encore plus fortes. Notamment celles de l'amour de sa vie, l'écrivain Susan Sontag décédée d'un cancer en 2004. Leibovitz l'a photographiée jusqu'à la fin comme une Nan Goldin aura suivi ses amis (sa vraie famille dit elle) à travers les dégâts du sida dans les années 80 (The Ballad of Sexual Dependency, oeuvre magnifique) et comment vous dire... C'est de toute beauté. Là où certains sont gênés de regarder des personnes agonisant sur leur lit d'hôpital, je trouve qu'il y a des choses qu'il faut accepter de regarder, au moins une fois. Même constat quant aux images d'enfant malades de la malnutrition (on est d'accord, c'est insoutenable et je ne conseille pas de les regarder tous les jours, sinon bonjour le malaise...). Par ailleurs, quant aux photographies du quotidien, certaines images de Sally Mann ont posé la question de la nudité des enfants (elle a photographié ses enfants dans leur vie de tous les jours, nus, ou sa fille clope au bec), certains ont crié au scandale, mais honnêtement? On a pas tous une photo de nous gamins à poil dans une baignoire, avec ses frères et soeurs ou ses cousins peut être? 

 Pour vous faire une idée, regardez le film qui était passé sur Arte. Annie Leibovitz : A photographer's life, 1990-2005. Vous ne serez pas déçus du voyage!



lundi 29 avril 2013

Brève de comptoir #2 : Ordonner sa vie


Un matin de mars, en semaine


Moi :  t'es pas à l'école toi?









Alex :

 noooon pas enviiiiie









Moi :

 olalala






Alex :
 et ce matin notre prof nous a dit de repasser mercredi parce qu'il ferait beau,
 ahah 



on a pas compris !
 Ça va toi?









Moi :
 peut être qu'elle était ironique et qu'elle vous trouve pas sérieuses (je déconne). Ouais ça va,  j'ai dormi
 et j'ai rangé tous mes papiers administratifs, je suis entrain de faire mes changements d'adresse c'est
trop funky









Alex : aie, pas cool ça mais bon, c'est bien, ça met de l'ordre dans les idées. Ranger les papiers c'est un peu comme ordonner sa vie
 hihu









Moi :
 belle comparaison espèce de grande poète !












Alex :
 t'as vu ça !


Moi : 
Bon tous mes papiers sont triés dans ma mallette métallique, 
chaque papier est dans un dossier. Tout est chronologique
 et 
j'ai retrouvé des bulletins du lycée j'ai trop ris, sur ceux de seconde notamment









Alex : aaahhhhhh
 avec les bonnes appréciations
du genre "le cours de philosophie n'est pas un atelier de coloriage"









Moi :
exactemennnnnnt !
 Je cite : français en seconde : "possède d'évidentes qualités littéraires"
 et plus loin, 


appréciation générale du même bulletin : 
"des résultats souvent remarquables ce trimestre. Il est regrettable cependant que le travail manque de régularité dans les disciplines scientifiques ; encouragements" ahahah,
 moyenne de physique : 6,92









Alex :

 AHAHAH
 énorme ! Putain c'est trop bon de retomber là dessus








Moi : Carrément ! Tu m'excuses faut que j'appelle pôle emploi !

Alex :

 ça roule 
va pointer !




Moi : on pointe plus, on "s'actualise"
 et c'est sur le net bécasse !


Alex :
 EXCUSE,

 trop complexe pôle emploi !










Plus tard...


Alex :
 t'as eu pole emploi toi?









Moi :
 je vais aller promener ma chèvre du coup, 

pour pôle emploi
 c'est la MERDE,
 en gros y'a une solution qui serait d'aller à mon pôle emploi à lyon ! 
BLAGUE, 
le numéro de pôle emploi est unique, ils peuvent pas te passer les agences, enfin ils ne veulent pas, faut y aller physiquement*









Alex :

putain c'est vraiment des B********, putain ça fait vraiment trop chier


* Tout s'est finalement arrangé au bout de trois mois, grâce à ma nouvelle agence. Comme
quoi, comme partout, il y a des gens aimables mais chez pôle emploi, ils sont plus rares...